Chaque mois de janvier, les mêmes promesses reviennent : arrêter de fumer, manger mieux, changer de travail, faire du sport, prendre soin de soi…
Et chaque année, pour beaucoup, l’enthousiasme des premiers jours laisse place à la culpabilité, à la déception, parfois même à l’auto-critique.
On parle souvent de manque de volonté, de discipline ou d’organisation.
Pourtant, les approches thérapeutiques de la psyché et du comportement montrent autre chose : l’échec d’une résolution est rarement un problème de motivation consciente, mais est plutôt due à une mauvaise compréhension du fonctionnement de votre cerveau.
Motivation : quand l’objectif n’est pas vraiment le vôtre
L’une des premières causes d’échec des bonnes résolutions tient à la nature même de la motivation.
Est-elle intrinsèque, c’est-à-dire portée par un désir personnel profond, ou extrinsèque, dictée par l’entourage, la pression sociale ou le regard de l’autre ?
Il arrive très souvent que la résolution soit prise pour faire plaisir, rassurer, se conformer. Arrêter de fumer pour son conjoint, changer de métier pour répondre à une attente familiale, perdre du poids pour correspondre à une norme.
Dans ces cas-là, l’élan initial existe, mais il repose sur une énergie fragile, impersonnelle.
Lorsque l’objectif ne répond pas à un besoin interne réel, le cerveau ne trouve pas de raison durable de maintenir l’effort. L’enthousiasme s’épuise, et les anciens automatismes reprennent naturellement leur place.
En PNL, on parle d’écologie de l’objectif : un objectif ne peut tenir que s’il est aligné avec la personne dans son ensemble, et non imposé de l’extérieur.
Avant de chercher à “tenir” une résolution, il est essentiel d’identifier à qui appartient réellement cet objectif. Clarifier l’intention profonde derrière une décision permet déjà de transformer la dynamique du changement.
Un travail thérapeutique peut aider à distinguer ce que vous voulez vraiment de ce que vous pensez devoir vouloir.
Des objectifs mal formulés: le cerveau ne sait pas quoi construire
La manière dont une résolution est formulée joue un rôle central car le cerveau ne fonctionne pas efficacement avec des formulations négatives :
- « Je ne veux plus fumer »
- « Je ne veux plus être stressé(e) »
- « Je ne veux plus échouer »
D’un point de vue neuropsychologique, le cerveau a besoin de représentations positives, concrètes et désirables pour s’engager dans le changement.
Pour déconstruire une image, le cerveau doit avant tout créer cette image : dire « je ne veux plus fumer » oblige le cerveau à représenter… la cigarette.
À l’inverse, formuler l’objectif en termes de bénéfices permet de créer une direction claire:
- « Je veux retrouver de l’énergie »
- « Je veux respirer librement »
- « Je veux me sentir fier(e) »
- « Je veux prendre soin de sa santé »
Apprendre à formuler un objectif dans un langage compatible avec le fonctionnement cognitif est une étape clé du changement.
Les conflits internes inconscients : quand une part de vous freine le changement
Du point de vue de la psychologie clinique et psychanalytique, ne pas tenir une résolution peut être le signe d’un conflit intérieur inconscient.
Certaines croyances profondes entravent alors votre évolution :
- « Je n’ai pas le droit de réussir »
- « Si je change, je trahis »
- « Je ne peux pas faire mieux que mes parents »
- « Réussir m’exposerait trop »
Ces croyances ne sont pas toujours conscientes. Elles peuvent s’être construites très tôt, à travers l’histoire familiale, les messages implicites reçus dans l’enfance, ou des expériences émotionnellement marquantes.
Changer, dans ce contexte, ne signifie pas seulement adopter un nouveau comportement. Cela implique parfois de remettre en question une identité, une place, ou un équilibre psychique ancien, ce que le cerveau peut percevoir comme dangereux.
Lorsqu’un changement déclenche des résistances invisibles, forcer ne fait que renforcer le blocage. Mettre en lumière ces conflits internes permet au cerveau de sortir de la lutte et d’envisager des ajustements plus respectueux de votre équilibre psychique.
La peur de réussir : un frein souvent invisible
On parle beaucoup de peur de l’échec. Pourtant, en cabinet, on observe très souvent une peur du succès.
Réussir une résolution implique ensuite :
- de maintenir le changement
- d’assumer de nouvelles responsabilités
- d’entrer dans un territoire inconnu
- de ne plus pouvoir revenir en arrière
Inconsciemment, échouer peut devenir une stratégie de protection.
Ne pas réussir permet d’éviter les conséquences du succès, et de rester dans un cadre familier, même inconfortable.
Dans ce cas, l’échec n’est pas un manque de capacité, mais un mécanisme de sécurité psychique.
Explorer ce que le succès impliquerait réellement pour vous ouvre souvent un nouvel espace de liberté. En travaillant sur les peurs associées au changement, il devient possible d’avancer sans avoir besoin de saboter inconsciemment ses propres élans.
L’évitement : préserver l’estime de soi en n’agissant pas
Les thérapies comportementales et cognitives décrivent un autre mécanisme fréquent : l’évitement.
Ne pas agir, procrastiner ou abandonner rapidement peut servir à protéger l’estime de soi. Tant que l’on n’essaie pas vraiment, on évite le risque de se confronter à l’erreur, à l’échec ou au jugement.
Comme l’expliquent les psychiatres et psychothérapeutes Christophe André et François Lelord dans le livre « L’estime de soi », il s’agit d’un compromis inconscient : sacrifier le développement personnel pour préserver un sentiment de sécurité intérieure.
Ce mécanisme est souvent mal compris, car il donne l’illusion d’un choix conscient, alors qu’il s’agit d’une stratégie automatique.
Comprendre que l’évitement est une stratégie de protection, et non un défaut de caractère, change profondément le regard que l’on porte sur soi.
En sécurité, le cerveau peut progressivement accepter de tenter, d’expérimenter et d’ajuster sans se sentir menacé.
Ne pas savoir ce que l’on veut vraiment (ou ne pas oser choisir)
Les approches comme la Gestalt thérapie montrent que certaines résolutions échouent parce que le désir n’est pas clairement identifié ou assumé.
Vouloir changer sans renoncer à l’existant crée une tension interne.
Par exemple : vouloir se former sans réduire sa charge de travail, vouloir changer de relation sans quitter l’ancienne dynamique.
Le cerveau ne peut s’engager durablement tant que le choix n’est pas clair et incarné émotionnellement. Il reste alors dans une forme d’ambivalence qui bloque l’action.
Clarifier un choix implique parfois d’accepter de renoncer à d’autres possibles. Irvin D. Yalom, psychiatre et figure majeure de la psychothérapie existentielle, exprime cette idée avec justesse: «Tout s’efface ; choisir exclut», car pour chaque « oui », il doit y avoir un « non ».
Accompagner ce processus permet d’accéder à un désir plus authentique, et donc à une décision que le corps et l’esprit peuvent réellement soutenir.
Pourquoi la PNL et l’hypnose peuvent faire la différence
Les bonnes résolutions échouent rarement par manque de volonté.
Elles échouent surtout parce qu’elles ne prennent pas en compte ce qui se joue en profondeur : croyances inconscientes, conflits internes, peurs, besoin de sécurité émotionnelle et fonctionnement réel du cerveau.
La PNL et l’hypnose permettent d’agir précisément à ces niveaux, en identifiant les freins invisibles, en transformant les croyances limitantes et en construisant des objectifs réellement alignés, sur le plan émotionnel comme cognitif.
Le changement durable ne repose pas sur la contrainte, mais sur une expérience intérieure cohérente et respectueuse du fonctionnement psychique.
Lorsque les résolutions échouent à répétition, ce n’est pas un échec personnel, mais le signe qu’un autre niveau de travail est nécessaire.
La PNL et l’hypnose peuvent alors vous offrir un cadre structuré et sécurisant pour dépasser ces blocages durablement.




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